Aujourd'hui, dimanche 19 Février
2012, notre paroisse célèbre ses dix ans
d’existence. A cette occasion, votre journal paroissial
"L'Universitaire" a rencontré Me Michel TCHICAYA, “ancien” de la
paroisse, avocat et enseignant à l’université de Cocody.
Depuis quand fréquentez-vous
notre paroisse et pourquoi êtes-vous êtes resté fidèle à la paroisse?
Je
fréquente la paroisse depuis l’époque où elle était le Centre Catholique des
Etudiants d’Abidjan (le C.C.E.A). C’était le siège de la Communauté Catholique
des Etudiants d’Abidjan (la C.C.E.A). J’ai été un ancien responsable au niveau
de la C.C.E.A lorsque j’étais étudiant. A l’époque, nos aumôniers étaient les
dominicains. Par la suite, je suis entré dans la vie active. Je me suis marié
mais j’ai continué à fréquenter le C.C.E.A, la C.C.E.A et les dominicains, tout
en étant paroissien de Saint Jean puisque j’habitais la cité des arts. Lorsque
la paroisse est née, bien entendu, mon épouse et moi avons choisi Saint Albert
le Grand et y sommes restés jusqu’à ce jour.
Pouvez-vous nous dresser un petit
historique de la paroisse ?
A
l’époque lorsque nous étions étudiants, nous avons été confrontés au niveau du
campus, dans un premier temps à la Rose-Croix et aux Témoins de Jéhovah qui
avaient commencé à secouer sérieusement la C.C.E.A. Ils avaient envahi les
cités universitaires, principalement le campus. Dans un deuxième temps, se sont ajoutés deux
courants protestants à savoir, «le Full Gospel» et «le Plein évangile» qui ont
amené certains d’entre nous à renier les fondements de la foi catholique. Grâce
au Renouveau Charismatique Catholique qui était en train de naitre au niveau
d’Abidjan et qui a suscité en nous un véritable réveil spirituel, et, pour
faire le contrepoids de ces mouvements adverses, nous nous sommes rapprochés de
l’Archevêque d’Abidjan d’alors Bernard Cardinal YAGO, de vénéré mémoire, pour
lui proposer la création d’une paroisse universitaire comme à Dakar. Il nous a
informés que c’était un de ses projets et nous a mis en contact avec son
auxiliaire d’alors Mgr Paul DACOURY-TABLEY (actuel évêque émérite du diocèse de
Grand-Bassam) pour qui ce projet était une préoccupation. Ensuite, nous sommes
entrés dans la vie active et comme certains d’entre, nous avions conservé le lien
avec la C.C.E.A et l’Archevêché jusqu’à la prise par Mgr Bernard AGRE du décret
qui a transformé le C.C.E.A en paroisse. Le 1er décret qu’il avait pris a
dénommé la paroisse «Saint Thomas d’Aquin». C’est deux semaines après, qu’un
nouveau décret (qui a gardé la date de l’ancien) est sorti, et a fait porter à
la paroisse le nom de “Saint Albert le
Grand”. Il faut préciser
que c’est le
C.C.E.A qui est mort pour avoir été transformé en paroisse mais que la
C.C.E.A demeure toujours. Nous avons donc mis sur pieds les statuts de la
paroisse et installé le 1er conseil paroissial dont j’étais le Secrétaire
Général Adjoint. Ce conseil était dirigé par Geneviève ALLYE alors étudiante en ce moment-là.
Pouvez-vous nous citer dans
l’ordre chronologique les différents prêtres (curés et vicaires) qui se sont
succédé à la tête de notre paroisse ?
A
ce niveau, je vais plutôt parler des curés et non de leurs vicaires. S’agissant
des prêtres, il faut les distinguer des anciens prêtres qui ont dirigé le
C.C.E.A en tant qu’aumôniers. Les curés dans l’ordre sont les abbés Boniface
ZIRI (actuel évêque d’Abengourou),
Jean-Maurice GOA Ibo et enfin François
ABONGA.
Contrairement à l’idée reçue, le
Père Jean-Maurice Ibo Goa n’a pas été officiellement le premier curé de notre
paroisse. Comment expliquez-vous cela ?
Je
dois préciser que l’abbé GOA Ibo Jean-Maurice est le dernier aumônier du
C.C.E.A et de la C.C.E.A. Il assumait ces fonctions lorsqu’est née la paroisse.
Mais pour l’administration de la paroisse, Mgr Bernard AGRE au cours d’une
messe solennelle, est venu introniser ici même comme curé de la paroisse,
l’abbé Boniface ZIRI, cumulativement à ses fonctions de curé de Saint Jacques
des 2 Plateaux qu’il exerçait à l’époque. S’agissant de l’abbé GOA Ibo qui
était assis ce jour-là à la droite de l’abbé ZIRI, l’archevêque l’a désigné
«animateur principal» de la paroisse en soutien au curé qui avait deux charges.
C’est deux années après, si je ne me trompe, que dans les affectations, l’abbé
GOA Ibo a été confirmé dans les fonctions de curé de Saint Albert le
Grand.
D’hier à aujourd’hui, quels sont
les grands moments qui vous ont marqué dans la vie de la paroisse?
Je
retiens un seul, c’est le jour où l’abbé GOA Ibo revenant de l’archevêché m’a
appelé dans son bureau au C.C.E.A pour tendre un soir, le décret qui
transformait le C.C.E.A en paroisse. C’était tout simplement la réalisation
d’un rêve qui nous avait longtemps habités. Nous le considérons comme un
élément important dans le cadre de la pastorale de la vie de l’Eglise pour
l’encadrement de notre jeunesse.
Quels sont les sentiments qui
vous animent au moment où notre paroisse célèbre ses dix ans ?
Mon
sentiment est que c’est véritablement celui d’avoir réalisé que c’est l’Esprit
de Dieu qui conduit l’Eglise. Car nous étions un peu dans une sorte de
désespérance qui s’est muée en joie avec la naissance de la paroisse.
Selon vous, quel peut être
l’apport des paroissiens pour donner un nouvel élan à notre paroisse ?
Que
les étudiants réalisent que cette paroisse est avant tout la leur, avant d’être
celle de leurs parents et de leurs aînés que nous sommes. Nous ne venons qu’en
appoint.
Votre mot de fin ?
Une
responsabilisation, au regard de l’Evangile et de notre foi, de la jeunesse
catholique, tous mouvements confondus, pour relever les défis auxquels elle est
aujourd’hui confrontée.
Entretien réalisé par Patrice
N’KEKE
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