dimanche 14 avril 2013

A L’AUBE



          L’épilogue de l’évangile de Jean recueille le récit de la rencontre de Jésus ressuscité avec ses disciples au bord du lac de Galilée. Au moment de sa rédaction, les chrétiens sont en train de vivre un temps difficile d’épreuve et de persécution : quelques uns renient leur foi. Le narrateur veut raviver la foi de ses lecteurs.


 

            La nuit tombe et les disciples partent à la pêche. Tous les Douze ne sont pas là. A la crucifixion du Maître, le groupe s’est brisé. Ils retrouvent à nouveau les barques et les filets qu’ils avaient quittés pour suivre Jésus. Tout est fini. Ils se retrouvent à nouveau tout seuls.



            La pêche est un échec complet. Le narrateur le fait remarquer avec force : « Ils partirent au large et ils ne prirent rien cette nuit-là » Ils reviennent, les filets vides. Cette expérience, n’est-elle pas celle de nombreuses   communautés chrétiennes qui voient leurs forces  et leur capacité d’évangélisation s’affaiblir ?



            Souvent, nos efforts, dans une société indifférente, produisent à peine des résultats. Nous constatons aussi que nos filets sont vides. Elle  est facile la tentation du découragement et du manque d’espérance. Comment soutenir et raviver notre foi ?



            Dans ce contexte d ‘échec, le récit dit “ que c’est à l’aube que Jésus se présente sur la rive”. Cependant, les disciples, depuis leur barque,  ne le reconnaissent pas. C’est peut-être la distance, ou le brouillard du petit matin et surtout c’est leur cœur attristé qui les empêche de le voir. Jésus parle avec eux, mais « ils ne savaient pas que c’était lui ».



             N’est-ce pas là l’un des effets le plus pernicieux de la crise religieuse que nous subissons actuellement?  Préoccupés pour  notre  survie, constatant de plus en plus notre faiblesse, il ne nous est pas facile  de reconnaître parmi nous la présence de Jésus ressuscité, lui qui nous parle dans son Evangile et qui nous nourrit dans la célébration de la cène eucharistique.



            C’est le disciple bien-aimé de Jésus qui le reconnaît en premier : « C’est le Seigneur ! ». Ils ne sont pas seuls. Tout peut recommencer. Tout peut devenir différent. Humblement mais avec foi, Pierre reconnaîtra son péché et confessera son amour sincère envers Jésus : « Seigneur, tu sais que je t’aime ». Les autres disciples ne peuvent pas éprouver un autre sentiment.



            Dans nos groupes et dans nos communautés chrétiennes nous avons besoin de témoins. Des croyants dont la vie et la parole nous aident à découvrir en ces moments la présence vivante de Jésus au milieu de notre expérience d’échec et de fragilité. C’est en augmentant notre confiance en Jésus, que nous, chrétiens, nous surmonterons cette crise. Nous ne sommes pas capables aujourd’hui de saisir la force de cette confiance en Jésus  pour nous sortir du découragement et du désarroi.



Auteur: José Antonio Pagola

Traducteur: Carlos Orduna, csv

Réseau d’évangélisation BONNES NOUVELLES
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14 avril2013
3 Pâques (C)
Jean 21, 1-19

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