La
chrétienté implique un engagement libre, complet et définitif à marcher à la
suite du Christ, à se mettre à son service et à celui de ses frères les
humains. C’est en cela que l’Eglise nous donne trois années de préparation afin
de cerner tous les contours et les conséquences de cet engagement. De même, le
jour de la consécration, c’est-à-dire du baptême, des questions sont
publiquement posées aux impétrants afin d’officialiser leur décision
d’appartenir à la grande famille des enfants de Dieu. Cet acte, loin d’être du
folklore ou une quelconque comédie, est un acte de haute portée spirituelle en
ce qu’il nous lie à Jésus dont il nous fait d’une part le cohéritier et d’autre
part prêtre, prophète et roi. Ceci fait de nous des élus de Dieu, dont des
personnalités d’exception. Et ainsi, nous avons obligation de ne pas faire
n’importe quoi, mais d’être les témoins de la vérité qui indiquent le chemin du
salut à l’humanité et qui sèment la vie par l’amour et le don de soi. ;
car celui envers qui nous nous engageons, Jésus-Christ, est le chemin, la
vérité et la vie. Comme lui, qui n’appartient pas au monde, nous aussi par cet
engagement, nous nous détachons du monde et de toutes ses emprises, tel que le
souligne l’Evangile de ce dimanche.
Ne
pas appartenir à ce monde ne nous donne pas de nous en soustraire. Bien au
contraire, c’est dans ce monde que nous devons demeurer afin de continuer
l’œuvre d’évangélisation de notre Seigneur, pour le rachat des âmes, lui qui
nous envoie en ces termes : « allez dans le monde entier, de tous les
peuples faites des disciples » (Mt 28, 19). Comme Christ qui a fait fi de
son statut de Fils de Dieu, a vécu la condition humaine dans toute sa
composante (excepté le péché), nous aussi, nous devons nous consacrer à son œuvre
de salut malgré les vicissitudes et les péripéties car, dit-il :
« pour eux, je me consacre moi-même, afin qu’ils soient eux aussi
consacrés par la vérité (Jn 17, 19).
Faire
l’œuvre de Dieu, se consacrer à lui consiste à enseigner et propager l’amour de
Dieu et du prochain autour de soi en tout temps et en toute circonstance sans
faux-fuyant. L’amour nous rapproche de Dieu et des hommes car « Dieu est
amour ; celui qui demeure dans l’amour demeure uni à Dieu et Dieu demeure
en lui » nous dit la deuxième lecture en 1Jean4, 16.
Cher
néophyte et cadet dans la foi, en répondant favorablement à l’appel du Christ,
tu acceptes librement d’être son disciple, donc de marcher à sa suite. Bien
qu’il soit un Dieu de bonté et compatissant, il demeure très exigeant, voire
jaloux. Attaches-toi donc résolument à lui par le respect et l’application de
ses préceptes emprunts d’amour et de justice pour avoir part à son Royaume.
Heureux baptême.
Noël
KOYA