dimanche 4 août 2013

CONTRE LA BÊTISE HUMAINE

Nous connaissons de plus en plus la situation sociale et économique que Jésus a connue dans la Galilée des années trente. Alors que la richesse s’accroissait  dans les villes de Séphoris et de Tibériade, la famine et la misère  augmentaient dans les hameaux. On arrachait les terres aux paysans pendant que les propriétaires terriens construisaient des silos et des greniers de plus en plus grands.

          Dans un bref récit conservé par Luc, Jésus révèle sa pensée par rapport à cette situation tellement contraire au projet  voulu par Dieu d’un monde plus humain pour tous. Il ne raconte pas cette parabole pour dénoncer les abus et les viols commis par les propriétaires terriens mais pour démasquer le non-sens   dans lequel ils se sont installés.
          Un riche propriétaire terrien se voit surpris par une grande récolte. Il ne sait pas comment gérer une telle abondance.  « Que vais-je faire ?»  Son monologue nous découvre la logique insensée des puissants qui ne vivent que pour accaparer richesse et bien-être, en excluant de leur visée les démunis.


          Le riche de la parabole planifie sa vie et prend des décisions. Il détruira les vieux greniers et en construira d’autres plus grands. Il y emmagasinera toute sa récolte. Il peut ainsi accumuler des biens pour nombre d’années. Dorénavant il ne vivra que pour jouir : « couche-toi, mange, boit et jouis de la vie ». Tout à coup Dieu interrompt ses projets : « Insensé,  cette nuit même on reprend ta vie. Ce que tu as accumulé, à qui reviendra-t-il » ?
          Cet homme réduit son existence à jouir de l’abondance de ses biens. Au cœur de sa vie il n’y a que lui et son bien-être. Dieu est absent. Les journaliers qui travaillent ses  terres n’existent pas. Les familles des hameaux qui luttent contre la faim ne comptent pas. Le jugement de Dieu est tranchant : une vie pareille est  stupide et manque de bon sens.
          Aujourd’hui, l’inégalité est en train d’augmenter d’une façon alarmante  presque partout dans le monde.  Voilà le fait le plus sombre  et inhumain : « les riches, surtout les plus riches, deviennent de plus en plus riches, alors que les pauvres, surtout les plus pauvres, deviennent de plus en plus pauvres ». (Zygmunt Bauman)

          C’est quelque chose d’anormal.  C’est simplement la dernière conséquence de la bêtise la plus grave que nous, les humains, nous  sommes en train de commettre : remplacer la coopération amicale, la solidarité et la recherche du bien commun de l’Humanité par la compétitivité, la rivalité et l’accaparement de biens entre les mains des plus puissants de la Planète.

          On devrait entendre, partant de l’Eglise de Jésus répandue sur toute la Terre, la clameur  de ses disciples contre tant de choix insensés et contre ce modèle qui est en train de guider aujourd’hui l’histoire humaine.


Auteur : José Antonio Pagola
Traducteur: Carlos Orduna, csv


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4 août 2013
18 Temps ordinaire (C)
Luc 12, 13-21


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