Ce
dimanche 12 mai 2013, l’Eglise célèbre la journée mondiale des
communications sociales. A cette occasion votre journal paroissial "L’Universitaire" a rencontré le Père Augustin OBROU, chargé de communication du diocèse d’Abidjan.
L’Universitaire : Que doit-on comprendre par communication sociale ?
La
communication sociale est une communication qui s’adresse à une
communauté, une société. Elle a pour but d’informer, de former,
d’instruire, de guérir spirituellement les membres de la société, de la
communauté. Elle a donc un but social.
L’Universitaire : Que représente pour vous cette journée dédiée aux communications sociales ?
C’est
un moment qui est très important pour moi. Elle me donne l’opportunité
de m’arrêter pour réfléchir sur les moyens de communication dont dispose
l’Eglise catholique : la radio, les bulletins paroissiaux, les sites
internet… Et surtout ce que font les chrétiens de ces différents moyens
de communication mis à leur disposition.
L’Universitaire :
Le journal catholique d’informations générales "La Nouvelle" a cessé de
paraître pour la énième fois. Quelles en sont les raisons ?
La
raison fondamentale est que les chrétiens catholiques n’achètent pas le
journal. Ils préfèrent acheter les autres journaux. "La Nouvelle" est
tiré à 5.000 exemplaires. Si les chrétiens catholiques achètent au moins
4.000 journaux par jour, "La Nouvelle" allait paraître tous les jours.
On allait donc réussir ce pari. Malheureusement ce n’est pas le cas.
Pour
que le journal paraisse de nouveau, il faudrait que les chrétiens
catholiques changent de mentalité, qu’ils investissent dans l’Eglise,
qu’ils soutiennent financièrement les moyens de communication dont
dispose leur Eglise.
L’Universitaire :
Certaines églises, dans le monde et même en Côte d’Ivoire, ont une
chaîne de télévision. Qu’attend l’Eglise catholique de Côte d’Ivoire
pour avoir ce moyen de communication ?
La
presse écrite coûte excessivement chère, la radio également. Nous avons
des difficultés pour gérer ces moyens. Il ne faut pas rêver. Ce n’est
pas un phénomène de mode. Nous allons utiliser les moyens dont nous
disposons.
L’Universitaire : Quel regard portez-vous sur les bulletins paroissiaux ?
Les
bulletins paroissiaux sont une chance pour l’Eglise. Je regrette une
chose. Les annonces paroissiales, les activités de la paroisse ne sont
pas publiées dans les bulletins qui sont occupés à 80% par les textes
liturgiques du jour. Or, tous les CEB, mouvements, associations et
groupes de prière devaient avoir leurs informations dans les bulletins
paroissiaux. C’est une situation que je déplore.
L’Universitaire :
Depuis son élection le mercredi 13 mars 2013, sa Sainteté, le Pape
François a prévu de mettre l’accent sur la lutte contre la pauvreté. Que
fait exactement l’Eglise catholique de Côte d’Ivoire, en particulier
celle d’Abidjan pour matérialiser la nouvelle vision du Pape.
L’option
fondamentale de l’Eglise est la lutte contre la pauvreté. L’Eglise doit
aider les pauvres à se sentir humains. Elle doit prendre soin de la
veuve et de l’orphelin. C’est le rôle premier de l’Eglise. Dans les
paroisses, c’est la Caritas qui s’occupe des démunis. Pour les aider à
accomplir leur mission, tous les vendredis saints, une quête spéciale
est faite pour soutenir les activités de la Caritas.
L’Universitaire : Qu’attendez-vous des chrétiens catholiques ?
Le
chrétien catholique doit davantage s’engager pour son Eglise, qu’il
soit témoin de Jésus Christ, qu’il soit sel de la terre et lumière du
monde. Le chrétien catholique ne doit pas lésiner sur les moyens
financiers. Il doit s’investir à fond pour son Eglise à travers son
expertise. Qu’il se sente concerné par la vie de son Eglise.
L’Universitaire : Votre mot de fin ?
Je
félicite le bulletin paroissial "L’Universitaire" pour sa constance,
pour son rapport qu’il amène régulièrement au bureau de la
communication. Je remercie leur directeur de publication le Père
François ABONGA. Je bénis Dieu pour que ce bulletin puisse aller de
l’avant.
Entretien réalisé par Patrice N’KEKE
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